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La chandeleur : une autre fête de la lumière?

Pourrait-on à travers la mémoire de nos traditions retrouver les origines ancestrales de la fête de la chandeleur, et ne serait-elle pas, elle aussi, une fête pour célébrer la lumière?

Pièce en orNous connaissons toutes et tous depuis notre enfance la chandeleur pour être une fête gourmande à l’occasion de laquelle on se régale des crêpes préparées en famille, ce dessert simple et délicieux que chacun accommode à son goût.

Traditionnellement dans certaines régions, on a coutume de les faire « sauter » en ayant soin de se munir d’une pièce que l’on garde au creux de sa paume pendant qu’on s'attelle à l’exercice périlleux. La superstition prétendait qu’on se garantissait ainsi de manquer d’argent pour l’année à venir. À l’origine, on choisissait autant que possible une pièce en or. Il y a déjà là quelques pistes symboliques que nous explorerons plus loin…

Cette fête qui se situe sur le calendrier le 2 février, au cœur de l’hiver, semble enracinée dans nos traditions depuis fort longtemps.

« Une Lumière pour éclairer les nations »

Presentation de Jesus au Temple - Fra AngelicoPresentation de Jesus au Temple - Fra Angelico - 1442
Lorsque l’on fait quelques recherches sur le sujet, on se rend compte tout d’abord que cette date est associée à une célébration chrétienne, celle de « la Présentation de Jésus au Temple ». Elle fait référence à un épisode de la vie de Jésus relaté dans l'Évangile selon Luc (Luc 2.22) :

Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.
Puis, le moment vint pour Joseph et Marie d’accomplir la cérémonie de purification qu’ordonne la loi de Moïse. Ils amenèrent alors l’enfant au temple de Jérusalem pour le présenter au Seigneur… Il y avait alors à Jérusalem un certain Siméon… Le Saint-Esprit était avec lui et lui avait appris qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Messie envoyé par le Seigneur…
Quand les parents de Jésus amenèrent leur petit … Siméon le prit dans ses bras et remercia Dieu en disant: « Maintenant, Seigneur, tu as réalisé ta promesse: tu peux laisser ton serviteur mourir en Paix. Car j’ai vu de mes propres yeux ton salut, ce salut que tu as préparé devant tous les peuples: c’est la lumière qui te fera connaître aux nations du monde … ».

La loi juive dont il est fait mention dans le texte est celle qui prescrit une période de purification de quarante jours aux femmes ayant enfanté et le rachat de leur premier-né dès l'âge d'un mois.

La fête chrétienne qui célèbre cet épisode est fixée, nous dit-on, 40 jours après Noël, soit le 2 février. Mais cette date n'a pas toujours été celle-ci. À l'origine, elle se célébrait le 14 février car on fêtait la nativité de Jésus le 6 janvier jusqu'au milieu du VIe siècle.

Pourquoi donc a-t-on modifié ce calendrier et a-t-on choisi cette date? Qu’a-t-elle de particulier au-delà des questions religieuses?

Certes, nous le savons, dès les premiers siècles de la chrétienté, les fêtes religieuses ont souvent été superposées et substituées à d’anciennes célébrations dites « païennes », tout comme les églises et les chapelles furent construites sur d’anciens lieux de cultes préexistants. C’est notamment le cas des fêtes de Noël ou de Pâques, nous y reviendrons…

Que fêtait-on à cette période de l’année dans l’antiquité ?

Chandelles On mentionne souvent l’existence d’une fête latine, la « festa candelarum » ou « fête des chandelles », à l’occasion de laquelle on parcourait de nuit les rues munis de flambeaux, ou encore la fête romaine des « lupercales », en l’honneur de « Lupercus », dieu de la fécondité.

Le point commun à ces fêtes est la lumière et la vie qui lui est associée.

Or on retrouve ce point commun dans une autre fête antique, plus proche de nos racines peut-être, chez le peuple Celte, et dont on garde sans doute la mémoire à travers les crêpes bretonnes !

Imbolc Fête du feuEn effet, chez les Celtes, on fêtait « Imbolc » à cette date de l’année. Ce rite en l’honneur de la déesse Brigit célébrait la purification et la fertilité de la terre au sortir de l’hiver. Les paysans portaient des flambeaux et parcouraient les champs en procession, priant la déesse de purifier la terre et de la rendre fertile en vue des semailles de blé qui allaient commencer.

On se servait alors de la farine du blé excédentaire pour confectionner ces fameuses crêpes, un symbole de prospérité pour l’année à venir. De part leur forme ronde et leur couleur dorée elles rappellent le Soleil enfin de retour après la nuit de l'hiver. On retrouve là aussi la raison de cette pièce en or, autre symbole solaire, à l’image de la couleur des blés mûrs.

Croix de Brigid
Croix de Brigid et roue solaire

Et c’est bien là le lien entre toutes ces fêtes et ce moment particulier de l’année où les jours s'allongent de plus en plus vite. Cela nous ramène inévitablement au cycle du soleil, celui de la lumière, que nos ancêtres célébraient à différentes périodes de l’année, celles marquées par les solstices et les équinoxes notamment, deux temps forts du parcours solaire annuel.

Quel rapport avec le soleil?

Mais le 2 février n’est ni la date d’une équinoxe ni celle d’un solstice me direz-vous ! Y aurait-il un lien malgré tout avec le cycle solaire?

Souvenons-nous de ce qui nous a été précisé précédemment : cette date du 2 février se situe 40 jours après Noël qui a lieu le 25 décembre, soit 45 jours après le solstice d’hiver. Or 45 jours-degrés sur la roue du cycle solaire, qui en compte 360, correspondent exactement au point de mi-parcours du soleil entre un solstice et un équinoxe (Voir « Le calendrier des anges »). Il y donc quatre moments dans l'année qui correspondent à ces dates de mi-parcours, en plus des deux équinoxes et des deux solstices.

Roue solaire

La date fixe du 2 février est donc le moment intermédiaire en le solstice d'hiver (21 décembre) et l'équinoxe du printemps à venir (20-21 mars) sur le calendrier civil (En raison du léger décalage entre le calendrier civil de 365 jours et le cycle solaire de 360 "jours-degrés", le moment solaire exact de ce mi-parcours aura réellement lieu entre le 3 et le 4 février cette année).

Les fêtes de la tradition celte
Les fêtes de la tradition celte
Et l'on sait que chez les Celtes ces quatre dates étaient également fêtées en plus de celles des solstices et des équinoxes, et le sont encore dans certains pays de tradition celtique comme la fête de Samhain (halloween) le 31 octobre ou Beltane le 1er mai.

Une église solaire

Ce moment remarquable du parcours annuel du soleil semble avoir été inscrit dans certains édifices de pierre par les anciens bâtisseurs (Voir cette page : Curiosités solaires).

Il existe par exemple dans le village de St Antoine L’Abbaye en Isère, une église qui, comme d’autres, a été construite selon des règles d’orientation liées au cycle du soleil.

Illumination de la colombe
Ombre portée au sol par
l'illumination de la colombe
Il s’y produit, plusieurs fois dans l’année, des phénomènes liés au passage des rayons solaires à travers les vitraux qui illuminent certains points particuliers à l’intérieur de l’église.

C’est le cas notamment au début des mois de mai et d’août au soleil couchant, où a lieu « l’illumination de la colombe », une ornementation suspendue au dessus du tabernacle projetant l'ombre exactement dans un triangle équilatéral bouchardé sur une pierre du chœur.

Vitrail de St Antoine
Le vitrail dont le losange central, incolore, laisse passer le Soleil qui vient illuminer le clou
Mais un autre phénomène similaire se produit également dans l’une des chapelles latérales : les rayons du soleil passant à travers un « oculus » viennent éclairer un point marqué au sol par un clou métallique. Ce prodige solaire se produit lui aussi deux fois par an à midi, dont entre autres à la date du 2 février, jour de la chandeleur.

A la gloire de la lumière

Ainsi, cette fête des chandelles, célébrant pour les chrétiens « la lumière du monde » incarné par Jésus, nous invite à renouer à travers nos traditions avec les célébrations vouées à la lumière et à la vie et à proclamer comme leur firent nos anciens :

« Nous sommes sur le bon chemin, comme le soleil dans sa course éternelle : la lumière est en passe de vaincre l’obscurité, d’en finir avec la nuit hivernale, elle sera vainqueure à l’équinoxe prochain pour être enfin glorieuse au solstice… »

Que la Lumière et la Paix vous accompagnent,

Sources et crédits photos :
http://michel.lalos.free.fr/cadrans_solaires/autres_depts/isere/st_antoine/st_antoine_choeur_ensoleille.html
Eglise romane : Chemin de lumière de Jacques Bonvin
Les fêtes celtiques - Françoise LE ROUX et Chr.-J. GUYONVARC'H


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